Running DataLab

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Exploring spatialities and experiences of running events

Spatialities of the running event.

A. Spatial Distribution of running events

 

// Spatial diffusion,  and territorial interactions of running event.
Modelling spatial dimension and exploring interaction models (networks, effect of masses, distance, barrier, effects).

B. Running Event, Instrument of Strategic Spatial Planning and Place Branding — Storytelling Running Event as a tool for attractiveness

// How running event contributes to regional development and place branding ?

C. Running Event Studies: Geography, Sport & Tourism

planning model for sustainable development, event and running


MÉTHODE
Explorer le running à partir des données du Web.

Le projet de recherche Running DataLab vise le recueil, la captation, la structuration et la spatialisation des données du running et des événements associés.

En plus de cet axe géomatique, le Running DataLab est également un lieu de tests et d’explorations techniques — véritable clinique des données du running. Clinique dans le sens d’un centre d’observation

|Clinique (adj.) — Qui observe directement les manifestations de la maladie|

Sans entrer dans des considérations propres à la médecine clinique, le Running DataLab est donc le lieu d’observation des pratiques associées aux activités de courses à pied. Les événements sportifs comptent parmi les manifestations observables du “phénomène“ actuel. Clinique également dans le sens d’un espace de consultation, où les données sont rendues visibles par tous d’une part.

Les recherches issues de ce projet Running DataLab #RDL contribuent à comprendre les données associées aux différentes pratiques et activités de courses à pied. Il s’agit notamment de qualifier les événements de courses à pied.


Chemins de recherche

Penser un objet de pop-culture, géographies et horizons de la course à pied.

La révolution culturelle des années 1960-70 a bouleversé le rapport à la course. Il s’agissait jusque-là d’activités pratiquées par les athlètes dans le cadre de clubs et d’université. Pour certains, courir en public était considéré comme une perte d’énergie. Dans le même temps, une révolution des loisirs opérait — recreational revolution (Scheerder, Breedveld et Borgers, 2015), popularisant de fait la pratique sportive (Stokvis, 2005). Si le secteur du running a réellement connu un premier boom populaire dans les années 80, son développement est depuis les années 2000 fulgurant en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 2008, l’Asie voit également les activités de course se développer très rapidement si l’on s’en tient à l’augmentation du nombre de “finisher“ de marathon (Melorose, Perroy et Careas, 2015b, p. 12). Le running est devenu une activité récréative à part entière, activité de masse d’après certains auteurs (Stokvis, 2005) — objet de pop culture à définir donc. L’une des devises de l’enseigne Nike résume cette démocratisation du running : « If You Have a Body, You’re an Athlete » ! Le running devient même figure de style, et figure type de la culture fitness made in USA représentant le succès en terme physique (Scheerder et al., 2015).

D’après le magazine Jogging International, 5500 courses ont lieu chaque année en France, soit une moyenne de 100 courses par semaine ! Qu’il s’agisse de courses urbaines, ludiques, fun, nature, hors route, de marathon, d’Ultra Trails, de swimrun ou encore de community run, pour n’en citer que quelques-uns, les participant(e)s sont de plus en plus nombreux sur les lignes de départ.

Plus de 13 millions de Français courent ! soit 1 français de plus de 18 ans sur 4 d’après la dernière étude intitulée « carte d’identité des pratiquantes(e)s » (janvier 2017) réalisée par la commission running-trail de l’Union Sport & Cycle. Cette récente étude indique par ailleurs que sur les 12 derniers mois, ils sont précisément 3,9 millions à se déclarer “coureurs occasionnels“ (>51 séances), 5 millions comme “coureurs réguliers“ (>155 séances) et 2,4 millions en coureurs “acharnés“ (<156 séances). En parallèle, l’étude confirme la féminisation de la pratique. En effet, 49% des coureurs sont des coureuses — 6,8 millions de pratiquantes au 1er janvier 2017. Les seniors représentent également une part croissante des pratiquants. À l’heure des Marches des femmes organisées partout dans le monde, CHALLENGE offre l’occasion d’aborder la question de genre à travers ce que Pierre Morath, réalisateur du documentaire « Free To Run », souligne comme un processus d’émancipation des femmes par la course à pied. Signe d’appropriation de la pratique par les femmes, il existe aujourd’hui des courses 100% féminines (cf.la Parisienne depuis 1997 et ses 39000 participantes). La question de la pratique des plus de 60 ans sera également documentée. Souvent associé aux discours sur le « bien vieillir », la pratique d’une activité́ (Age on the move) est encouragée dans le but de maintenir un « vieillissement actif », « réussi » et en « santé ». « Pour rester jeune, courrez ! » — injonction sociale ou politique de santé publique ? Les études sont effectivement nombreuses à souligner les bienfaits de pratiques sportives, telles que la course à pied, sur le bien-être et la santé des seniors.

 

Bref, le sujet est immense et les façons de le saisir multiples.
Pour ligne de départ, le constat d’une multiplication croissante des événements de course à pied donc. Le programme Running DataLab est né de l’envie de documenter l’actuel engouement pour ces événements sportifs en lien avec la course à pied.

 

 


Objectifs & enjeux

Cette clinique des données répond au besoin de structurer les informations liées aux événements de courses à pied. Il s’agit d’une part de produire une base de données regroupant l’ensemble de l’offre running de façon la plus exhaustive possible (Objectif 1). Cette étape doit permettre de procéder ensuite à quelques analyses descriptives afin d’interroger la capacité de ces événements à être force d’attractivité touristique et à générer des formes de développement territorial (Objectif 2).

Des questionnements émergent à la fois sur l’engouement de la course à pied et sur la prolifération des données, le Big Data — publications sur les réseaux sociaux des personnes, des sites spécifiques, etc. Un double questionnement émerge en lien avec les sciences humaines et sociales et les humanités numériques.

Il s’agit de qualifier les impacts territoriaux et sociaux de l’enthousiasme actuel pour les activités de course à pied — précisément, pour les événements associés (1). Le Running DataLab interroge également l’effet de ces événements sur le Web. L’objectif est ici de capter la résonance sociale et territoriale d’un événement particulier en explorant le réseau social Twitter (2).

Le Running DataLab, ou clinique des données, vise à construire des méthodologies (i), à produire des outils d’analyse innovant (ii) sur les événements de courses à pied à partir de sources numériques. Le Running DataLab se veut lieux d’expérimentations, d’essais, de tests, et de bricolages. Compositions et recompositions rythment le projet. Les voies sans issues sont empruntées avec entrain. Les détours sont nombreux et contribuent à l’élaboration de soubassements solides pour penser la suite. Le Running DataLab se doit en effet de clarifier, chemin faisant, chaque étape de production des données — cf. publication des conditions de production des données à l’occasion de DataPaper. L’ambition est simple, faire du Running DataLab une pépinière de projets. Autrement dit, la méthode pour point de départ afin de rassembler la suite de façon structurée.

S’inscrivant dans une démarche géographique, les outils développés dans le cadre du DataLab ont pour objectif d’étudier les différents espaces et les jeux d’échelles des événements de courses à pied.

> Dimension multiscalaire d’explorations à différents niveaux :

  • International : le réseau de courses à pied, une vision du monde réticulaire
  • Local : outil de marketing (fonction économique de l’événement), création de lien social (capital social ?) et de patrimonialisation/ valorisation du patrimoine (fonction identitaire ?)
  • Individuel : « dire je » et se construire à travers la pratique sportive : se chercher, se dépasser, se montrer

> Dimension multispatiale :

  • L’espace virtuel
  • L’espace géographique
  • L’espace social

Les missions du Running DataLab :
faire parler les données des évènements de courses à pied

1. Observations

La première mission du Running DataLab est de créer un observatoire des données liées aux événements des courses à pied à travers le monde. Cette démarche vise la création d’un corpus de données sur les pratiques de courses à pied, les événements sportifs, et les communautés. Les jeux de données sont structurés pour observer, évaluer et analyser ces pratiques.

2. Expertises

Le Running DataLab a également pour mission de mettre au point des méthodologies innovantes de récoltes et d’analyses de données. Aussi, des phases de tests explorent des aspects techniques d’accès et de recueil des données.

Ces tests doivent permettre de  :

  1. réaliser des méthodologies qui soient opérationnelles et interopérables sur d’autres projets de sciences humaines et sociales,
  2. trouver des moyens de représentations graphiques qui permettent une lecture simple de jeu de données complexes et riches, telles celles du big data,
  3. penser un indicateur pour qualifier l’impact d’évènements de course à pied à travers l’étude de réseaux sociaux.

3. Diffusions

Le Running DataLab  est une plateforme de libre accès aux données. La mission de diffusion des données est centrale dans la démarche. Il s’agit de rendre accessible au plus grand nombre les informations produites afin d’impulser une dynamique de co-création des connaissances en sollicitant directement les communautés de coureurs et de coureuses — notamment à travers des questionnaires dans la rubrique En-Quête du site.